AFMI
Musique / Théâtre / Danse
Description

L’association aux mille antennes

 

Tentaculaire AFMI qui, depuis treize ans, arpente tout le territoire pour répondre aux attentes des musiciens calédoniens. Enseignement, gestion de salles, diffusion, l’association de formation de musicien intervenant est une structure « caméléon » incontournable en Nouvelle-Calédonie. S’il existe un acteur culturel qui a une vision pays, c’est bien elle.

 

Tout commence par un constat de terrain dressé par Alain Guarèse, directeur de l’AFMI : la musique en province Nord a besoin de structuration. « Quand j’étais professeur au collège de Nédivin à Houaïlou en 1995, je voyais des gosses qui pratiquaient tous les jours d’un instrument, parfois depuis leur plus jeune âge, mais qui n’avaient jamais pensé pouvoir en vivre. » L’enseignant crée alors AC2N, l’Association culturelle de Nédivin, une petite chorale de chants traditionnels. Petite certes, mais au succès grandissant. La direction de la culture de la province Nord entend ainsi parler de l’association et dans sa volonté de dynamiser également le secteur musical, elle commande à Alain Guarèse une étude sur les besoins des musiciens. « Quelques années après la création de l’AC2N, la demande était toujours la même : formation et professionnalisation », se souvient-il.

 

Houaïlou, premier repaire de l’AFMI

Assez rapidement, élus, administrations et artistes se mobilisent pour répondre à cette attente. Au début des années 2000, Houaïlou accueille le premier centre de pratique musicale. Puis, en 2001, l’AFMI est fondée sur volonté politique. L’association permettra d’organiser le schéma de développement culturel du Nord. « Trois ans plus tard, forte de la confiance des institutions, elle reçoit une délégation de service public du conservatoire qui lui confie la gestion des antennes de formation décentralisées et par la suite du DMT (Département des musiques traditionnelles) ainsi que des salles de spectacles de Koné et Koumac », rapporte Alain Guarèse.

 

Diffuser pour étendre sa toile

En 2008, suite à une demande des directions culturelles des provinces Nord et Sud, l’association de formation de musicien intervenant se lance dans la diffusion. Ses premières armes ? De grandes manifestations à l’image de la Fête de la musique (en province Nord et Sud) ou encore Jazz en tribu. Un nouveau département voit le jour, un visage de plus pour l’AFMI. « Nous avons dû développer de nouvelles compétences comme celle de régisseur technique afin d’assurer des diffusions clés en main à nos clients. »

Aujourd’hui, la structure représente un réseau solide d’enseignants et diffuseurs qui se sont donné les moyens techniques et humains nécessaires à un développement culturel raisonné et efficace dans tout le pays.

 

DMT : sauvegarde d’un patrimoine en danger

Le Département des musiques traditionnelles (DMT) – l’une des “antennes” de l’AFMI – sillonne le territoire à la recherche de traditions musicales à préserver. Au bout d’un an d’observation de terrain, le DMT a pu dégager des enjeux artistiques et culturels, mais aussi politiques, économiques et sociaux. « Le partage d’une culture va plus loin qu’une simple expression artistique. Il est la base d’une reconnaissance identitaire, d’une cohésion sociale forte autour de valeurs communes », explique Georgy Touyada, régisseur général du département. 

 

 

Par Claire Thiebaut

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