Rock Connection NC

26/04/2017
ENDEMIX

En 2016, la scène musicale calédonienne était temporairement orpheline du Festival rock du Mont-Dore. Rock Connection, l’association organisatrice, a eu besoin d’un peu de recul pour repenser son événement annuel et revient les 28 et 29 avril prochains au centre culturel du Mont-Dore avec une lourde programmation de rockers locaux. Elle réalise aussi un de ses vieux rêves : inviter non pas un, mais deux groupes internationaux !

Endemix : Rock Connection, à deux consonnes près, on replonge dans le standard des années 1990 de Laurent Voulzy ! Votre association remonte-t-elle aussi loin ?

Laurent Navarro : Et même plus loin encore ! La première version de l’association Rock Connection a été créée en 1986. Avec Laurent d’Hollande et Marc Babin, on voulait monter des événements rock car, à l’époque, ce genre de scène était très très confidentielle, voire inexistante. Quelques bands jouaient çà et là, mais rien de bien ambitieux…


Qu’avez-vous mis en place ?  

Une petite dynamique a pris autour des soirées que nous organisions dans l’ancien bar 421 à Nouméa. Des groupes comme Staff Only avec Jimmy Oedin et Jacky Salmon ou Yata avec Théo Menango venaient se produire. Nous rêvions aussi de faire venir un groupe australien. Nous avions tous les trois une fascination pour ces groupes anglophones qui faisaient un rock pur, alors qu’en Nouvelle-Calédonie, la majorité de la scène des années 1990 était plus de l’ordre de la fusion rock/folk. On louchait sur le groupe Uncanny X-Men. Toutes ces soirées étaient particulièrement incongrues et décadentes : la marque de prêt-à-porter Lipstick offrait un défilé de mode, tandis que dans un coin, on avait une démo de culturisme !  

Malgré les concerts donnés par l’association et les groupes locaux, vous n’êtes pas parvenus à rassembler la somme nécessaire pour inviter ce fameux groupe australien auquel vous songiez tant. On imagine que la déception s’est installée et que la motivation est venue à manquer…  

Exactement, nous étions jeunes et impatients, et nous avons effectivement perdu peu à peu la foi. Le temps a passé et les membres de l’association se sont dispersés en et hors de Nouvelle-Calédonie. Pour ma part, j’ai commencé à travailler chez NRJ, mais mon amour du rock est resté intact. Je me suis alors lancé dans la rédaction de l’anthologie Rock NC (publiée en 2009 chez Tabù éditions, ndlr), qui recense une centaine de groupes calédoniens des années 1970 à nos jours. Ce travail m’a remis dans l’énergie de la musique et a relancé mes projets de jeunesse : dans la foulée, j’ai déposé les nouveaux statuts de l’association – avec le même nom en souvenir – et c’était reparti pour Rock Connection !  

La machine s’est remise en marche. Avec plus de facilité que dans les années passées ?  

J’ai l’habitude de dire que Rock Connection est « mon combat » – toutes proportions gardées – en faveur de la culture rock du pays. À plusieurs moments, les choses n’ont pas été simples : le manque de moyens – tout était fait bénévolement – et quelques critiques qui blessent, mais globalement, je suis satisfait du chemin parcouru. Après la parution du livre, on a enregistré une compilation de dix groupes locaux en leur posant le défi de présenter une de leurs compositions et non une reprise. Cette étape-là était importante car les artistes ne jouaient principalement que des covers, souvent à la demande des programmateurs qui pensaient d’abord au public et voulaient lui offrir des grands standards. Pour la majorité des musiciens, cette expérience était leur premier passage en studio. Ils étaient bien entourés par les ingénieurs du son passionnés de rock Bruno Ciacaffava et Christophe Planche.

Comment êtes-vous arrivés à la création du Festival Rock du Mont-Dore ? 

Pour promouvoir la compil, l’association a organisé une dizaine de Rock Sessions. En tout, ce sont près de cinquante formations qui ont joué lors de ces rendez-vous qui au début ont attiré beaucoup de monde. Puis à l’issue de la deuxième année, une lassitude s’est abattue à nouveau sur les groupes, les diffuseurs et surtout sur le public. Pas assez de renouvellement certainement… En parallèle, l’annuelle Nuit du Rock Mouv’ a été déprogrammée. À ce moment-là avec Grégory Louzier, directeur du centre culturel du Mont-Dore, s’est lancée l’idée d’un festival. En 2012, on a monté la première édition où se sont succèdé les groupes locaux et ce jusqu’en 2016 où on s’est remis à fantasmer et à espèrer pouvoir inviter cette fameuse tête d’affiche australienne. Le groupe Electric Mary était dans les starting-blocks mais nous n’avons pas pu dégainer le budget assez tôt. 

Le festival 2016 n’aura donc pas lieu, mais vous revenez en 2017 en ayant atteint vos ambitions.  

Et oui, tout vient à point à qui sait attendre, dira-t-on ! Ce n’est pas un mais deux groupes internationaux qui nous rejoignent : les Néo-Zélandais de Silence the City et Black Dog de Melbourne. Les premiers proposent un rock alternatif super puissant. En 2015, ils ont repris le titre Bad Blood de Taylor Swift dans lequel ils offrent toute la démonstration de leur chant mélodique et de leur énergie sur un refrain qui cartonne ! Quant aux Australiens de Black Dog, ils sortent très prochainement leur premier album dans un style un peu plus old school, inspiré par AC/DC, INXS ou Aerosmith. Le public calédonien pourra donc assister à une de leurs premières scènes tirée de ce disque. Une sorte d’avant-première en somme ! (rires) Je suis allé personnellement rencontrer tous ces musiciens dans leurs villes,
les ai vus jouer sur scène et peux garantir de la qualité de leurs concerts.

Quelle place réservez-vous à nos groupes locaux ? 

Nous avons choisi de mettre en avant deux formations qui ont une actualité chaude, avec Darling&Co qui vient de publier son nouvel album Tales & Melodies (voir p. 33) et Kharma Legal qui a fait grande impression en fin d’année 2016 avec Traqueurs. Ils auront la lourde tâche d’assumer les premières parties des internationaux. Grande nouveauté aussi cette année, le public est appelé à choisir quatre autres groupes du pays. Il peut voter sur le Facebook de Rock Connection et désigner qui des dix prétendants se produira (voir encadré). Outre les concerts, j’aime beaucoup l’idée que ce genre d’événement permette aux artistes du pays de rencontrer des musiciens étrangers, d’échanger et de créer de potentiels réseaux de diffusion. En un mot, on cherche à créer le plus de rock connections possibles ! 

Avec en première partie les groupes calédoniens de Kharma Legal, Botox, Havana B, Darling and Co, Sébastien Rob et Full Bordel

Infos sur le Facebook de Rock Connection NC

Festival rock du Mont-Dore 

Au centre culturel du Mont-Dore

Les 28 et 29 avril 2017

Billetterie : www.eticket.nc

Texte : Claire Thiebaut / 2017

Photos : Olivier Oswald

Extrait d'Endemix#19 - Mars-Mai 2017 / Consultable en ligne

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