Naya Roots

11/01/2017
ENDEMIX

Quelque part à Dumbéa, sous un ciel matinal menaçant, Endemix a rencontré Naya Roots. Le rendez-vous était pris avec le leader, Franck Bourasseau, et finalement, la moitié de ce groupe de quatre était présente. Heureux hasard de rencontrer le bassiste Franck Paulin. On en apprend plus sur son nouvel album Gardons le sourire et, attablés autour d’un café, on finit par remonter aux origines de cette formation reggae et plus si affinités. On a le temps de prendre son temps et de profiter d’une bonne rencontre, précepte essentiel pour comprendre l’essence de sa dernière galette. 

Aux racines de Naya Roots se trouve Franck Bourasseau. Depuis 2008, le Solognot d’origine fédère un groupe où beaucoup de musiciens sont venus, partis ou restés. Ses acolytes du moment se nomment Thierry Gourges – bassiste et invité inattendu –, Pierre-Yves Bothorel à la guitare et au trombone, et Gilles Prugnard à la batterie, sans oublier la manageuse Sandrine Ruffier. Ensemble et avec les précieuses pépites musicales d’autres artistes, ils livrent un album orienté reggae mais qui, après une écoute attentive, arbore bien d’autres couleurs. « On aura eu besoin de trois ans pour sortir notre deuxième album. On avait bien la trame principale dès le début, puis plein d’arrangements instrumentaux et vocaux sont venus se greffer, comme les cuivres et les chœurs », raconte le musicien. Franck s’exprime calmement, distillant ses propos sur le cours de la vie, sur son goût pour l’écriture et la composition.
« À la base de ma musique, il y a les paroles. Ce que j’aime, c’est écrire. » Goût des mots qui fait de sa dernière création un bijou d’images verbales, d’ode à ses enfants, aux gens qu’il a connus, à la nature aussi (voir critique de l’album p. 44). 

Créer sa chance

D’une famille pas particulièrement branchée musique, Franck construit son petit rêve d’artiste. Au piano d’abord, dans sa province natale, puis à Paris, à l’École de jazz et de musiques actuelles CIM, « où [il] pren[d] une grosse claque de niveau ! ». Le service militaire s’en mêle pendant un an, repoussant ses projets, mais lui permettant aussi de faire un point sur ses envies : le métro-boulot-dodo, trop peu pour lui. « Je crois que chacun a sa lumière intérieure », de « l’or dans les doigts » comme le dit la piste 9 de l’album. Il retourne à ses premières amours, la musique et l’écriture, avant de tenter l’aventure outre-mer. « Je suis venu une première fois en Calédonie en 1998 puis reparti en 2003, avant de me réinstaller en 2011. » Tout ça pour des joyeuses histoires de cœur et de marmaille. En 2009, il sort un premier opus avec une autre bande, déjà sous le vocable de Naya Roots. 

Un disque « borne kilométrique »

Si l’exercice de l’enregistrement en studio n’est pas un but en soi pour Franck (« de toute façon, on ne vendra pas les CD ! »), il lui semble utile de garder une trace du travail accompli. « Un album est une empreinte, un outil qui permet de faire le point, de synthétiser les influences du groupe à un moment donné et de réfléchir à de nouvelles perspectives. » L’horizon de Naya Roots semble à nouveau bien dégagé et Franck Bourasseau a déjà d’autres projets, qui germent dans sa tête et dans des endroits improbables de sa petite maison-studio !

Gardons le sourire surtout sur scène

La longue gestation de l’album Gardons le sourire aboutit à un album assez singulier : non-conventionnellement enregistré dans le studio du centre culturel Tjibaou, « il est un mélange de trips, de délires ». Beaucoup de monde se cache sous la pochette dessinée par Fly. Trop pour être tous regroupés sur scène. Alors, il a fallu construire le spectacle en combinant des extraits des deux CD pimentés de compos inédites.

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Texte : Claire Thiebaut / 2016

Photos: Eric Dell'Erba / 2016

Extrait d'Endemix Magazine #16 - Dec 2016-Janv 2017

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