Flore Seydoux

22/03/2017
ENDEMIX

Artiste de haute volée, Flore Seydoux pratique une discipline aussi impressionnante que méconnue.Le chant lyrique, dans lequel elle s’épanouit depuis l’enfance, l’a conduite à se produire dans de grands opéras, comme en ce début 2017 dans celui de Sydney où elle fait partie des chœurs de Carmen jusqu’au 25 avril.

Depuis sa prime jeunesse, il est difficile de localiser Flore Seydoux sur la carte du monde. Née à Boulogne-Billancourt, transbahutée à Nouméa à un an, elle grandit en Nouvelle-Calédonie, entourée de sa large famille – sept enfants – et de ses deux nourrices d’Ouvéa. Peu après l’âge de raison, Flore quitte le Caillou et s’installe à Singapour, avant de retourner à Paris à 12 ans. Tous ces voyages ont construit la personnalité colorée, ouverte et affable de la chanteuse, qui ne tergiverse pas quand il s’agit de partir se produire à l’étranger. 

Passionnée

Dans sa très classique éducation, l’art est une valeur cruciale. « À Singapour, j’ai commencé des cours de danse et de piano puis le chant avec une professeure chinoise qui parlait anglais et italien et adorait les chansons de comédies musicales », se remémore Flore, tout sourire. L’arrivée à Paris, dans ce pays d’origine qu’elle ne connaît pas, est difficile. Alors l’adolescente reprend vite la musique au Conservatoire de Paris en section mezzo-soprano et poursuit ses études en classe à horaires aménagés musique (CHAM). Intrépide, Flore complète cet élégant cursus par l’École supérieure de comédie musicale. En 2007, sous les traits de la Juliette de Shakespeare, Flore monte sur sa première scène, et malgré un trac à lui exploser le cœur, se révèle être parfaitement dans son élément.

Travailleuse

Elle enchaîne les castings et multiplie les expériences passant de l’opéra, à l’opérette, à la comédie musicale et au théâtre. « J’ai découvert la vie en troupe, qui me rappelle ma grande famille, le plaisir d’être sur scène et avec le public, mais aussi le stress, le travail monstrueux pour apprendre ses textes, la musique, la danse et les répliques… » En 2014, Flore se réinstalle en Calédonie, où elle valide son diplôme d’études musicales (DEM), avec grande fierté, au Conservatoire de Nouméa. Elle se lance alors dans l’enseignement, ne pouvant vivre des rares occasions de chanter sur scène. Mais fin 2015, sa voix est fatiguée, irritée par des heures de pratiques anarchiques avec les élèves. Flore échappe de justesse au bistouri, un repos de trois mois ayant suffi à calmer l’inflammation. 

À l’export 

Depuis le 16 février, Flore est à Sydney, engagée dans les chœurs de l’Opéra pour la pièce francophone Carmen. C’est la troisième expérience australienne de l’artiste, qui a déjà joué dans le chœur de ce même opéra en 2013, puis dans La Bohème en 2016. En direct du pays d’Oz, Flore raconte ses folles journées avant les vingt-huit dates de ce grand spectacle à partir du 22 mars : « Nous répétons à l’Olympic Park, seul gymnase suffisamment grand pour accueillir la “massive” scène de Carmen, comme ils disent ! Tous les corps de métier sont réunis, les danseurs et chanteurs, le chef d’orchestre, le metteur en scène et ses dix assistants, la chorégraphe, le chorégraphe des scènes d’action ou de combat, la linguiste, les doublures. Concernant le chœur, nous avons mis en scène l’acte I, l’entrée des cigarières d’une grande sensualité, l’Habanera, ce passage si connu “L’amour est enfant de bohème”, langoureux et passionné numéro avec Carmen ! Puis vient la fameuse bagarre entre les filles, un numéro excessivement physique et difficile musicalement et au niveau du texte ! ». Artiste de haut vol, on l’a dit !

En local

Avec ses comparses Nicole Martin la pianiste, et la soprano Mireille Roth-Heitz, Flore chante dans le Trio Passion. Elles se produisent régulièrement en Calédonie aussi bien dans les églises avec un répertoire de musique sacrée que dans les fêtes et festivals avec leur Cabaret Songs. Leur but ultime est de développer la formation et la pédagogie du chant lyrique sur le territoire en invitant des professionnels extérieurs pour des masterclass, comme fin 2016 avec le baryton Benoît Riou. 

Pour le Trio Passion NC, c'est par ICI !

Pour suivre Flore sur le web, suivi le guide

Extrait d'Endemix #18 - Mars-Mai 2017, consultable en ligne

Texte : Claire Thiebaut / 2017

Photo : Droits réservés

 

 

Ajouter un commentaire