Djunya

02/05/2017
ENDEMIX

Un rendez-vous fructueux entre expérience et jeunesse : voilà qui pourrait résumer Sineisola (« Reines » en drehu). Akoz, c’est-à-dire François Uka, professeur de musique, a mis ses compétences de guide au service d’un collectif renouvelé, signant son sixième album en vingt-deux ans. Claude Wahnawe dit Zing, fidèle compère de Thuahaik, l’accompagne dans l’entreprise qui fédère donc musiciens novices et vieux briscards tel Saono Hamu !

Avec « Nöjeng » et « Tim », le micro est laissé à des voix toutes jeunes (dont celle du fils d’Akoz), interprètes de compositions renforcées par le support choral avec un superbe mélange de spontanéité et de vérité. Comme un écho au message portant la nécessité de vivre la coutume pour les jeunes. Certains morceaux comme « Zinya » ou « Saaso » paraissent moins diversifiés sur le plan mélodique. L’entame de « pollution » est quelque peu polluée par des claviers un peu trop « assénés ». Mais bientôt le morceau s’envole et intègre notamment des motifs acidulés à la guitare, l’une des excellentes marques de l’album, avec un rythme rappelant çà et là une influence du soukous congolais (ainsi du très entraînant « Dredrehnyma »). De manière générale, c’est cette fusion impressionnante de maîtrise qui frappe à l’écoute : un socle folk mélanésien des années 1980-90, avec des références aux percussions traditionnelles (bambou en soutien rythmique) et de multiples apports : jazz, soul qui rappelle les pionniers de Yata (par exemple sur « Sineisola », impeccable inauguration), une pincée de bossa nova... C’est armé de ce bagage artistique bariolé que le groupe escorte avec une grande justesse instrumentale et de superbes chœurs un chant aux accents nostalgiques, en drehu souvent et en français parfois.

Texte : Sylvain Derne / 2017

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